Bien vieillir avec la micronutrition

Maladies chroniques, accidents cardiovasculaires ou cérébraux, diabète, dégénérescences induites (Alzheimer…)… alors que l’espérance de vie ne cesse de s’allonger dans nos pays industrialisés pour être aujourd’hui respectivement de 84,4 ans pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes, l’espérance de vie en bonne santé présente une tendance à la baisse depuis 2008. Comme disait Jacques Brel : « Mourir, la belle affaire ! Mais vieillir… ». L’apport de la micronutrition va évidemment dans le sens de donner de la vie aux années plutôt que des années à la vie… Découvrez les clés du bien vieillir avec la micronutrition à travers ce nouveau dossier.

CONNAITRE LES FACTEURS DU VIEILLISSEMENT POUR POUVOIR AGIR

Le vieillissement dépend de facteurs intrinsèques (nos gènes, nous ne sommes pas tous égaux !) mais aussi et surtout de facteurs extrinsèques (alimentation, activité physique, exposition aux agresseurs, environnement psycho-affectif) et à l’interface entre les 2 : l’épigénétique qui est l’interface entre nos gènes et l’environnement, qui est capable de faire ressortir le meilleur ou le pire d’entre nous : Dr Jekill ou Mister Hyde !

Mais si nous gérons bien nos apports en micronutriments, en fonction de notre risque propre, de notre activité physique et de notre alimentation, chacun d’entre nous ou presque peut bien vieillir, c’est-à-dire simplement permettre à nos gènes de s’exprimer dans un bon contexte.

SE PROTEGER DES RADICAUX LIBRES ET DU STRESS OXYDANT

Lorsque nous respirons, nous produisons en permanence des radicaux libres : des molécules actives dérivant de l’oxygène (environ 2% de l’oxygène consommé) à l’origine d’une accélération du vieillissement cellulaire lorsqu’elles sont produites en trop grande quantité ou lorsque l’organisme ne dispose pas de système de protection suffisant.

Pour se protéger du stress oxydatif, l’organisme dispose d’un système de protection interne qui dépend de la présence de certains minéraux (Zinc, Sélénium Manganèse, Cuivre) mais aussi de nutriments issus de l’alimentation. Les antioxydants, les vitamines A, C, E et les polyphénols en font partis. Lorsque notre alimentation est insuffisamment riche en antioxydants, nous favorisons le stress oxydatif, donc le vieillissement cellulaire.

En pratique, pour se protéger des radicaux libres :

[1] La proportion d'années perdues de vie en bonne santé pour cause de maladie augmente régulièrement et représente aujourd’hui 31% vs 21%, il y a 25 ans : ce sont les conclusions de ce grand bilan de santé du monde réalisé à partir des données de la cohorte Global Burden of Disease Study 2013 (35 620 sources d'information venant de 188 pays) et publiées dans The Lancet. Ainsi plus de 95% de la population mondiale ont des problèmes de santé et plus d'un tiers serait atteint de plus de 5 maladies et plus ! On notera aussi que les taux d'incapacité baissent bien plus lentement que les taux de mortalité. Pour le diabète, par exemple, l’incidence a augmenté de plus de 40% ces 23 dernières années alors que les taux de décès ont augmenté de 9%.

- Privilégier les fruits et légumes frais, de saison et d’origine biologique ou d’agriculture locale.

- Intégrer dans l’alimentation quotidienne des aliments riches en antioxydants : thé vert, cacao, curcuma, épices et aromates.

- Privilégier les cuissons à faible température telle que la vapeur au détriment des fortes cuissons (grillades et barbecues en particulier, fortement générateurs de molécules procancérigènes).

Contrôler l’inflammation chronique :

Les polyphénols sont des micronutriments abondants dans notre alimentation. La preuve de leur bénéfice dans la prévention des maladies dégénératives (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancer) se renforce au fil des études. Leurs effets sur la santé dépendent de la quantité consommée et de leur biodisponibilité.

Une étude de l'Université de Liverpool sur le vieillissement et les maladies chroniques identifie les aliments qui peuvent aider à prévenir l'inflammation chronique. Les chercheurs ont testé l’action de différents phénols ou polyphénols sur la libération de cytokines. Le resvératrol, la curcumine, l'acide vanillique et certains mélanges spécifiques de phénols permettent de réduire la libération de cytokines pro-inflammatoire. Certains polyphénols, dont ceux présents dans les oignons, les raisins rouges, le thé et certaines baies peuvent contribuer à réduire la libération de médiateurs pro-inflammatoires chez les personnes à risque d'inflammation chronique.

En pratique pour limiter l’inflammation chronique :

Consommer des fruits et légumes variés peut permettre d’obtenir tous les apports en polyphénols bénéfiques et préventifs contre l’inflammation chronique, en particulier chez les patients âgés, sujets à de l’inflammation chronique.

Optimiser sa mémoire

Fatigue, perte de mémoire ou troubles de la concentration sont souvent les signes que notre cerveau souffre d'un déficit en micronutriments. L’aptitude à mémoriser, se concentrer, se souvenir dans le temps nécessite une parfaite nutrition des cellules du cerveau. De nombreuses études chez l’homme et les animaux ont révélé l’intérêt des acides gras essentiels, des polyphénols ainsi que des certaines plantes. Petit tour d'horizon des aliments qui peuvent éviter à notre cerveau de souffrir de déclin cognitif lié à l’âge !

- Un apport insuffisant en Acide gras polyinsaturés omegas 3 est un facteur de risque important de pathologies neuropsychiatriques comme la dépression mais aussi de déclin cognitif lié à l’âge (Sophie Layé INRA 2015).

- Les polyphénols à bas poids moléculaire (par exemple de raisin et de bleuet : Mémophénol ®) pénètrent et boostent spécifiquement l’hippocampe et la plasticité cérébrale par leurs propriétés antioxydantes.

- De nombreuses plantes sont utilisées depuis des siècles pour stimuler la mémoire : le soja et sa lécithine source de phosphatidylserine, le Gingko (Gingko biloba , la Rhodiole (Rhodiola roséa), le Bacopa (Bacopa monnieri), le Ginseng (Panax ginseng).

Soigner ses articulations

Marcher et bouger paraît aller de soi, mais l’arthrose peut venir perturber ces mouvements simples et devenir parfois très invalidante. Perte de souplesse, gonflement et douleur des articulations sont souvent consécutifs à une dégénérescence du cartilage articulaire. L’arthrose évolue silencieusement et progressivement par poussées. Le cartilage disparaît et l’espace articulaire se réduit (pincement). A terme, les surfaces articulaires entrent en contact. Pour bien vieillir, il est primordial de préserver ses articulations !

Aujourd’hui, nous savons que l’apport de nutriments structurels et antioxydants permet de renforcer l’articulation et les tissus sous-jacents. Une bonne nouvelle : nos chondrocytes continuent de fonctionner toute notre vie, il suffit de bien les nourrir !

La glucosamine sulfate et la chondroïtine sulfate présentent des propriétés indispensables à la structure du cartilage (pris concomitamment et à doses élevées) et agissent favorablement pour ralentir la dégradation du cartilage mais aussi pour soulager les douleurs.

De nouveaux ingrédients contribuent également à soulager les douleurs liées à l’inflammation mais aussi au manque de mobilité : le mangoustan, le curcuma, le boswellia et bien sur l’harpagophytum, la prêle et le bambou (source de silice) plus traditionnels mais qui ont déjà fait leurs preuves d’efficacité, tout comme l’apport d’antioxydants modulateurs de l’inflammation (curcuma et manganèse) pour un meilleur confort des articulations sensibles.

L’apport d’oméga 3 peut être très favorable sur la mobilité. Les oméga 3 sont reconnus pour leurs propriétés antiinflammatoires : ils permettent de « huiler » nos articulations » !

Où les trouver ? Dans les huiles (colza, noix), les poissons gras (sardines, harengs, maquereaux..), les crevettes polaires (huile de Krill en particulier) et les graines (lin).

Il est nécessaire de réduire en parallèle les acides gras saturés et les omégas 6 en excès.

L’apport d’antioxydants permet également de lutter contre les radicaux libres induits par l’inflammation. La vitamine C par exemple est impliquée dans la synthèse du collagène du cartilage et du tissu conjonctif. L’apport de fruits et de légumes alcalinisants et sources majeures d’antioxydants, vivement recommandées, de même que la réduction des viandes rouges acidifiantes.

Préserver son microbiote intestinal

Toute perturbation de l’écosystème intestinal a des répercussions importantes selon la nature de la flore intestinale et selon la prédisposition génétique de chacun.

Par exemple notre organisme peut réagir contre certaines protéines externes ou alimentaires, en particulier issues de lait de vache et de gluten. Il peut s’en suivre :

- Des troubles fonctionnels intestinaux : inconfort digestif, ballonnements, troubles du transit.

- Des troubles inflammatoires chroniques extra-digestifs : tendinites, troubles ostéo-articulaires.

- Des troubles de l’immunité : bronchites, asthme, otites, angines, sinusites ou rhinites à répétition, rhume des foins, maladies cœliaque, intolérances alimentaires, allergies, maladies auto-immunes.

- Des troubles cutanés tels que l’acné, l’eczéma ou l’urticaire.

- Des troubles du système nerveux tels que des dépressions ou des maladies dégénératives.

En vieillissant, la composition de notre microbiote change, se réduit en diversité et il devient nécessaire de restaurer l’équilibre de la flore intestinale grâce à une complémentation en probiotiques spécifique.

PREVENIR LE VIEILLISSEMENT PROSTATIQUE :

Chez l’homme, de nombreux actifs sont utiles dans la prévention du vieillissement prostatique et comme décongestionnant pelvien :

- Baies de Serenoa Repens (palmier nain),

- Pygeum Africanum (prunier d’Afrique),

- Huile de pépins de courge,

- Racine d’ortie,

- Lycopène de tomate,

- Grenade,

- Graines de lin,

- OPC de pin (pycnogénols)

- Zinc,

- Sélénium,

- Vitamines B2 et E…

CONSEILS D'UN MICRONUTRITIONNISTE

YVES GILLE, DR EN PHARMACIE ET FONDATEUR DE NUTRAVANCE

La supplémentation optimale individualisée par un professionnel de santé formé !

Prendre en compte les différences inter-individuelles des besoins nutritionnels et micronutritionnels est primordiale et notamment :

- Les polymorphismes génétiques qui impliquent des facteurs favorables ou défavorables propres à chacun.

- L’intervention de l’écosystème intestinal, tant dans l’assimilation digestive des aliments, que dans la participation aux différentes perturbations de santé liées à l’augmentation de la perméabilité intestinale.

- L’augmentation de l’utilisation des micronutriments santé, liée à des prédispositions individuelles.

- L’exposition plus ou moins importante aux divers polluants (tabac, alcool, pollution atmosphérique, pesticides, métaux lourds…).

- La présence ou non de maladies.

À l’heure de l’épigénétique, les travaux mettant en évidence l’effet de certains nutriments sur l’expression des gènes ne peuvent plus être ignorés, dans le contexte d’une consultation de micronutrition destinée à proposer à chaque patient le conseil alimentaire et complémentaire le mieux adapté.

Votre médecin ou votre pharmacien formé à la micronutrition santé peut vous proposer une consultation anti-âge, à la fois en prévention et/ou en restauration d’état lié au vieillissement, de manière individualisée, avec des compléments de qualité, synergiques , « sur-mesure », et des recommandations d’alimentation et de comportements.